Plogoff, des pierres contre des fusils

Le film Plogoff, des pierres contre des fusils, réalisé par Nicole Le Garrec en 1980, ressort en salles de cinéma dans sa version restaurée. Sortie nationale le 12 février 2020 (en Bretagne, dès le 5 février). Où et quand assister à une présentation du film ? Cliquez ici

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Le film "Plogoff, des pierres contre des fusils" a été restauré en 2019, grâce au soutien du CNC, de la Région Bretagne et de la Cinémathèque de Bretagne, dans sa version d'origine, sortie en cinémas en 1980. Cette version restaurée a été sélectionné à Cannes Classics. Après les honneurs du Festival de Cannes, le film reprend le chemin des salles de cinéma !

Les événements

Rappelez-vous Plogoff. C'était en février 1980. Toute une population refusait l'installation d'une centrale nucléaire à quelques encablures de la Pointe du Raz, face à l'île de Sein, dans cette baie d'Audierne ouverte sur l'Atlantique. Six semaines de luttes quotidiennes menées par les femmes, les enfants, les pêcheurs et les paysans de cette terre finistérienne, désireux de conserver leur âme. Six semaines de drames et de joies, de violences et de tendresse. L'épopée d'un peuple du Cap Sizun face aux pressions de notre société moderne.

Nicole et Félix Le Garrec ont filmé jour après jour ces luttes quotidiennes et ont réalisé en 1980 un documentaire long métrage : "Plogoff, des pierres contre des fusils".

Lire Nicole Le Garrec raconte

Lire Félix Le Garrec raconte

Le film

Venus en voisins, Nicole et Félix Le Garrec, ont tout de suite la conviction d'assister à des événements exceptionnels. Ils hypothèquent leur maison, décrochent un prêt et s'installent avec leur caméra à Plogoff, chez l'habitant, pendant toute la durée des événements. Le montage et la finalisation de Plogoff, des pierres contre des fusils sont réalisés dans les studios que le couple a aménagés dans l'ancienne ferme où il vit, à Plonéour-Lanvern, dans le Finistère.

A sa sortie en salles, en novembre 1980, les documentaires sont rares au cinéma, mais les critiques sont séduits par ce film atypique. Quant aux spectateurs, ils découvrent des événements qui n'ont pas trouvé écho sur les chaînes de télévision françaises. Plogoff, des pierres contre des fusils est l'un des rares témoignages filmé de cette contestation sociale et politique qui a marqué la fin de septennat de Valéry Giscard d'Estaing. En mai 1981, ce dernier perdra l'élection présidentielle en mai 1981, face à François Mitterrand. Le projet de centrale nucléaire à Plogoff sera abandonné, conformément à sa promesse de campagne.

Préparé dans l'urgence, réalisé sur le vif, Plogoff, des pierres contre des fusils témoigne de six semaines d'une lutte devenue historique. Imprégné du mouvement contestataire et identitaire qui a secoué la Bretagne dans les années 1970, Plogoff, des pierres contre des fusils est le premier long-métrage entièrement réalisé et produit en Bretagne à avoir bénéficié d'une distribution nationale. Film emblématique du cinéma militant, il s'inscrit aujourd'hui dans l'histoire du cinéma documentaire.

 

40 ans plus tard, restauré et à Cannes

En 2018, le CNC a attribué à Plogof, des pierres contre des fusils l'aide à la restauration des films de patrimoines. Le film a également bénéficié du soutien de la Région Bretagne et de la Cinémathèque de Bretagne. Il a été entièrement numérisé et restauré en 2K en 2019. En mai 2019, il a été sélectionné à Cannes Classics, la sélection du Festival de Cannes réservée aux films de patrimoine, entre Easy Rider et Shining. Le 12 février (5 février en Bretagne), le film ressort au cinéma, restauré dans sa version d'origine.

 

En 2020, retour au cinéma

Plogoff, des pierres contre des fusils a été restauré en 2K, avec le soutien du CNC, de la Région Bretagne et de la Cinémathèque de Bretagne, en 2019. Le film a été sélectionné à Cannes Classics, la sélection réservée aux films de patrimoine, en mai 2019.

Le film ressort dans les cinémas, le 12 février 2020, en sortie nationale. Présortie en Bretagne le 5 février.

Chronologie des évènements

Au début des années 70, la France oriente sa politique énergétique vers le nucléaire. En 1974, en pleine crise pétrolière, la décision est prise d'implanter une centrale nucléaire en Bretagne, région qui ne produit quasiment rien de l'électricité qu'elle consomme.Plusieurs sites sont envisagés. Plogoff, situé à l'extrême ouest du Finistère, près de la Pointe du Raz, est définitivement choisi en septembre 1978. Très vite, la contestation s'organise.

L'enquête d'utilité publique débute le 31 janvier 1980 pour une durée de six semaines. La veille, les documents d'enquête parvenus à la mairie sont brûlés par les élus. Dès la nuit du 31, les barricades s'organisent. Les jours se succèdent dans un climat de grande violence. En raison de l'opposition de la municipalité au projet, l'enquête d'utilité publique ne peut être tenue à la mairie. Elle sera donc menée à partir de "mairies annexes" installées dans des camionnettes et gardées par des gardes mobiles.

Chaque soir, toute la population se retrouve pour le départ des camionnettes. La "messe de 17h" donne lieu à de violents affrontements entre la population et les gardes mobiles. Les interpellations se succèdent, jusqu'à ce procès où tout le conseil municipal de Plogoff se présente au tribunal, fronde au cou, par solidarité avec les prévenus. A partir de mars, les barricades nocturnes se durcissent. Chaque nuit, des troncs d'arbres sont placés en travers des routes pour entraver l'entrée des gardes mobiles dans Plogoff. Le 16 mars 1980, 50 000 personnes manifestent sur le site de la future centrale à l'occasion de la clôture de l'enquête d'utilité publique.

Les conclusions de cette enquête sont rendues publiques en novembre 1980 : Plogoff aura sa centrale. Seul espoir: les présidentielles.

Le 10 mai 1981, François Mitterrand, qui s'était prononcé contre le projet de centrale à Plogoff, est élu président de la république. Plogoff a gagné. En 1989, la Pointe du Raz est classée "grand site" par le Conservatoire du Littoral qui reçoit d'EDF en 1996 les 38 hectares de terrain prévus pour la construction.


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